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LE LOUVRE LENS


Au pays noir qui ne l’est plus, le 25 septembre 2013


Beau succès, parmi nos Amopaliens nombreux, du Louvre de Lens comme du paysage industriel et urbain où il a choisi sa place.

Une vaste esplanade aux espaces arrondis ; trois corps de bâtiment articulés sans raideur, aux lignes élégantes et simples posées près du sol ; une atmosphère, ressentie dès l’approche, d’aisance et de clarté dans les parois de verre rythmées par l’acier mat des montants : nous découvrons le musée promis, sobre chef-d’œuvre d’architecture contemporaine.


Entrons, gagnons l’immense « galerie du temps ». C’est ici, pour un public peut-être moins initié, que les collections parisiennes prêtent un choix, renouvelé par périodes, de ses pièces prestigieuses ou caractéristiques des civilisations sur plus de quatre mille ans, le tout disposé avec art de façon à varier les perspectives sans lasser les regards ni les pas. Nous allons ainsi de la Mésopotamie mère de l’écriture à l’Egypte des sarcophages, des statues droites à peines animées d’une fausse démarche ou assises roidement comme Sekhmet à tête de lionne, en qui menace le souffle du désert. Beau d’où qu’on le contemple, souple et serein dans sa tension lisible au plus mince détail, l’idéal grec du Discobole semble incarner ce miracle humain dont on se sent comblé et qu’on ne quitte qu’à regret. Mais l’esprit du lieu nous entraîne. Concurrents de Jupiter capitolin entre aigle, foudre et geste impérial, voici les témoignages des religions révélées : celle de Mithra avec le sacrifice rituel du taureau, le christianisme persécuté aux symboles prudents, promis au triomphe qu’on sait ; l’islam enfin dont nous admirons d’un coup d’œil trop rapide le génie décorateur. Les émaux de Bernard Palissy … Mais faut-il nommer, avec les grands créateurs classiques, les œuvres célèbres qu’on s’étonne et s’enchante de trouver ici ? Exceptons cependant, comme une glorieuse conclusion à notre visite, la vaste composition de Delacroix où tout un peuple peint dans sa diversité, unanime dans son élan à la barricade, porte, dans des reflets subtils parmi les teintes sombres, l’idéal tricolore de juillet 1830.


Le Louvre de Lens est aussi un hommage. Durement touchée dans son économie par la décadence et la fin des houillères, la ville, loin de se décourager, se tourne vers de nouvelles activités en grande partie culturelles et techniques, soutenue par le modèle de ce qu’elle fut dans ses efforts persévérants. L’aspect des lieux, façonné par une industrie dominante, porte la marque d’une histoire faite de peines, de profits, de tragédies, de luttes ouvrières et de progrès social. On aperçoit encore, mais comme des vestiges, ces tanières à deux étages, serrées les unes contre les autres, que décrit Germinal, mais peu à peu l’espace de vie s’est élargi, la brique n’est plus sale, des jardins entourent les maisons à la périphérie. Le car nous transporte au carreau de la mine, pavé de neuf et tenu avec soin comme un cimetière qu’on aime. Ne cherchons pas à bannir ce sentiment de mort, l’impression que nous laissent les hangars clos, les hauts montants en deuil de la tour métallique dont les roues se sont tues, le trou noir du mur où passaient les câbles de la machinerie, la masse inutile du crassier pour tout horizon. Notre silence est celui du respect. Mais en chemin, nous avons longé le château aux larges ailes où se rencontraient les maîtres des puits, et aujourd’hui, comme un symbole de nouvelles perspectives, siège de l’université au fond du parc ouvert au public.


Notre attente n’est pas déçue. Nous n’oublierons pas cette journée riche de sympathies.

Henri Péricaud

  

Dans le Valois


Chaâlis ; un nom qui chante, un peu étrange encore que rien ne sonne plus français. Retrouvons-nous vaguement en nous-mêmes les souvenirs d’une histoire millénaire au bord de la légende ?


Louis VI le Gros, connu de nos premiers manuels, fonda une abbaye dans ce décor champêtre. L’église dont nous visitons les ruines parmi l’herbe et la rosée fut consacrée près de cent ans plus tard : aujourd’hui quelques arcs béants à la file, les restes pointés vers le ciel d’un demi-transept éventré témoignent d’un gothique très simple. Un seul édifice médiéval subsiste entier et à l’écart, une chapelle un peu postérieure, de style rayonnant, claire et aérée. Elle seule a résisté aux pillages de l’époque révolutionnaire, après l’indifférence du dernier abbé, tout occupé à construire en face, selon le goût classique, son château … pardon, son abbaye, qu’il ne put achever.


De ventes en péripéties, ce bâtiment échut au couple Jacquemart-André, richissime et passionné d’art. Peut-on parler de musée, comme le veut l’Institut de France, actuel propriétaire ? C’est une suite d’appartements à habiter : salons, salle à manger, bibliothèque, chambre de Madame et salle de bain, sans compter les cellules des moines transformées pour recevoir les amis. Mais partout se renouvelle l’admiration au hasard des découvertes, qui vont des meubles italiens aux sculptures sur bois, aux tableaux de Giotto, Van Loo, Delargilière, aux gaines de Boulle, au dépaysement des collections indiennes, et puis, et puis … Le regard peine à se déprendre. Mais il faut renoncer. Un bon repas nous attend dans les communs devenus restaurant.



Senlis
Notre après-midi sera consacré à la ville voisine de Senlis, du moins à son quartier le plus ancien dans sa double enceinte d’origine gallo-romaine et dont la partie intérieure conservée se reconnaît presque partout. De l’espace intermédiaire, jadis fossés, où nous nous arrêtons, on aperçoit d’une part les derniers étages d’hôtels moyenâgeux assez tardifs, d’autre part un puissant rempart d’un bel appareil et une tour à trois niveaux de pierre séparés par des lits de briques. Bien guidés (c’est utile !), nous parcourons les vieilles rues étroites où des bornes s’appuient au bas des murs pour régler le passage des charrettes. Leurs détours nous mènent, entre autres lieux d’histoire, au terrain ombragé des recherches archéologiques, et ce qu’on appelle « le château royal » : car c’est ici, selon la tradition, que se vit reconnaître pour roi Hugues Capet, jusque là « duc de France ». Rien ne rappelle le règne de ce prince. L’ensemble des bâtiments et vestiges est assez confus. Des fouilles ont fait penser à la Rome de Claude ; un mur sur cour à trois arcs aveugles de style roman est jugé postérieur au choix des seigneurs et prélats. Quelques soubassements, peut-être, parleront un jour.


Et la cathédrale ? Certes, elle mérite bien de clore le récit de notre journée. C’est l’œuvre de cinq siècles, du XIIe au XVIe. Le chœur, avec ses tribunes et ses fenêtres hautes, nous rappelle Notre-Dame en plus étroit. Mais selon quel miracle d’harmonie s’y sont adossés plus tard ces piliers d’angle à colonnettes, d’un seul élan du sol à la voûte ? Et quel étonnement pour nous que cette chapelle où les clés pendantes achèvent la profusion du gothique flamboyant ! Hélas, le plus beau nous est gâché. Dans la lumière déjà faible, le couronnement de la Vierge au portail ouest et les deux linteaux si célèbres dont nous jouissions d’avance – la Dormition et les premiers gestes de l’Assomption – nous sont brouillés par un affreux grillage : à peine distingue-t-on les ailes des anges et devine-t-on leur froissement respectueux.


Il faudra revenir car cela en vaut la peine, comme Chaâlis.

Henri Péricaud

  

Saint Arnoult et ses prestiges le 20/05/2015



A la limite de nos Yvelines, ce bourg méritait notre choix. On y remonte en un jour des années et des siècles.


Laissons renaître en nos mémoires et nos cœurs « les yeux d’Elsa » et le souvenir du poète consacré qui avait pu dire « un jeune homme qui me ressemble ». C’est ici que Louis Aragon et sa compagne franco-russe, elle-même romancière de talent, résidèrent longtemps dans un moulin désaffecté. Visiteurs d’aujourd’hui, nous nous groupons d’abord dans une petite salle à manger ornée par Picasso -  un habitué des lieux - d’assiettes peintes plutôt communisantes d’inspiration ; puis voici un grand hall où l’on aperçoit, derrière une glace, la roue à aubes des travaux d’autrefois, toujours en mouvement comme par un hommage ; dans une bibliothèque murale, l’écrivain a mis en rangs serrés de nombreux livres qu’il consultait pour une documentation jamais lasse. Une galerie ouverte à hauteur d’étage donne accès à la chambre du couple, avec une table où l’égérie modeste créait des figurines à la façon d’une simple ouvrière, et un guéridon sur lequel trône encore un numéro du journal « strekoza » (la libellule dans sa langue maternelle). Dehors, des prés, un bosquet et une tombe double…


A la fin du repas au village, un érudit local évoque pour nous la figure de Naundorf, bien connu ici pour y avoir séjourné : cet horloger, après le retour des Bourbons, tenta vainement de se faire reconnaître pour le dauphin Louis XVII, incarcéré par les Révolutionnaires et prétendument échappé. Il a encore des partisans malgré les analyses récentes d’un cœur momifié, sauvé par miracle et reconnu scientifiquement comme celui du jeune prince. Mais des confusions peut-être…


L’après-midi, l’église prieurale nous renvoie au Moyen Age dans toute sa durée ou presque.

Passé le porche du XIIe siècle, un double espace s’offre à nos regards. Un chœur aux lignes romanes , mais d’une belle élévation pour ce style, se lie sans heurt aux ogives très simples de la nef à forts piliers, et comme une volée au-dessus de nos têtes, de hautes boiseries sont là pour égayer cette robustesse. Sur notre gauche, en prolongement d’une chapelle latérale et en parallèle voulu avec la partie la plus ancienne, le gothique finissant et virtuose déploie l’élégance recherchée de ses nervures complexes et son triomphe aimable sur toute pesanteur. C’est un agrandissement pour mieux accueillir l’afflux des voyageurs à bourdon en quête de toute grâce sur le chemin de Compostelle et des vœux accomplis. Derrière l’autel principal, des trappes s’ouvrent sur un escalier malcommode. Dans la crypte, contemporaine des premiers Carolingiens, reposaient les restes (aujourd’hui déplacés) du saint apôtre à qui la ville doit son nom. On devine, près d’un renfoncement ou niche dans le mur, la trace du trou par où les pèlerins, à l’aide d’une corde, entraient en contact indirect mais suffisant sans doute avec les bienheureuses et bienfaisantes reliques. Naïveté des temps dans l’ardeur de la foi !


Ce sont neuf cents ans sous nos yeux. Pour en rêver longtemps, comme de cette journée.

  

Résidence Aragon et Elsa
Eglise prieurale
Nef église prieurale

AUX CONFINS DU DOMAINE ROYAL, LE 7 OCTOBRE 2015

                                                            Blandy-les-Tours et la collégiale de Champeaux


Nous allons par la Brie, ses chaumes de la saison, ses villages encore bien ombragés. Voici Blandy, ou Blandy-les-Tours. Par-dessus les maisons masquées de verdure, tout un ensemble de poivrières se pointe près d’un donjon. Le car s’arrête devant de hauts murs médiévaux que nous suivons jusqu’à une entrée fortifiée, notre but.


L’intérieur apparaît d’abord comme une vaste cour herbue dans une ceinture de tours (d’où le nom pris par la commune). Hormis le long prétoire où siégeaient les seigneurs pour exercer leur droit de justice, rien n’y reste des bâtiments qui l’encombrèrent jusqu’au siècle dernier, quand ce vénérable vestige du passé était devenu ferme. Mais doit-on reconnaître un dépôt de provisions, ou d’armes, ou les deux, dans cette grande cave aux voûtes rugueuses dont le système s’organise autour d’un gros pilier central ? En passant sous une vieille herse de bois puis par cent marches sans pitié, on accède successivement à deux salles très hautes du donjon où des meurtrières percent les murs sur deux mètres, et d’où les plus courageux gagnèrent la plate-forme supérieure, pour la vue. D’autres se contentèrent du chemin de ronde sur les remparts, coupé de ponts, d’escaliers, de tourelles. Quand on pense aux guerriers alourdis de glaives, de casques et de broignes ! Mais pour le service du Roi…


Aussi sincère, plus fervent peut-être et sûrement plus durable nous apparaît encore cet élan spirituel des chanoines et autres religieux à qui nous devons la collégiale de Champeaux toute proche. Protégée par les Capétiens, elle participait dans son éclat à leur prestige, comme une sorte d’enclave dans l’archevêché de Sens qui échappait de fait à leur autorité. Mais le temps fit son œuvre avec les guerres intestines des 16è et 17è siècles, puis un oubli presque total. Champeaux, autrefois ville royale, n’est plus aujourd’hui qu’un petit bourg agricole près de son église démesurée, où nous entrons.


La grande nef est vide, d’une blancheur idéale. La voûte à trois travées gothiques de six compartiments à nervures s’appuie sur une alternance de forts piliers et de doubles colonnettes, qui mêlent la légèreté à la robustesse, les bas-côtés ombreux rappelant cette disposition. Déjà conquis, nous sommes rejoints par notre conférencier, dont on salue ici la sensibilité et les doctes commentaires, en regrettant d’aller trop vite et de devoir choisir. Il nous présentera le chœur aux lignes plus frustes, avec la rareté d’un fond plat, reconstituera en pensée pour nous les pierres tombales de l’abside, aux lignes effacées, déchiffrant les inscriptions à nos yeux impénétrables, interprètera ce qui reste des vitraux aux couleurs éclatantes et aux formes devenues plus souples et réalistes à la fin du Moyen-Age. Mais qu’aurions-nous goûté, dans son aide, dans les belles stalles, aux énigmes de leurs « miséricordes », ces abattants pour demi-fesses au revers sculpté ? On devine une ou deux fois un sens, tel Job sur son fumier face à ses deux censeurs, mais il y en a une cinquantaine, pieuses, malicieuses, populaires, cocasses ou fantaisistes, que c’est un jeu de s’entendre expliquer… sans penser à l’horaire et au car du retour.


Aimable fin d’une aimable journée ! Pensons maintenant aux joies de la prochaine sortie.


Henri Péricaud

TROYES


La journée commençait mal. Il pleuvait à verse ce matin-là, la circulation était dense et le brouillard s’épaississait au fur et à mesure que nous approchions de Troyes. Mais à l’arrivée, devant l’Office de Tourisme, le temps s’est éclairci et la journée va très bien se dérouler. Notre guide nous en expose le fil, conducteur « l’art du bel ouvrage ». Le travail des maîtres verriers le matin, la construction de la ville médiévale et le musée de l’outil l’après-midi.

Troyes dont le plan ressemble à un bouchon de champagne conserve de magnifiques vitraux dans la cathédrale et de nombreuses églises. A travers ces verrières, c’est toute l’histoire du vitrail qui nous est contée !

Nous visiterons la cathédrale, l’église de la Madeleine et de Saint Pantaléon. Sur la route de la cathédrale, notre guide nous montre l’extérieur d’un vitrail restauré de façon réversible et protégé. Ce dernier est doublé par un verre translucide sur lequel on a esquissé le contour des motifs du vitrail.

Nous entrons dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul et nous sommes éblouis par les couleurs vives des vitraux. Les plus anciens datent du 13e siècle. A cette époque les scènes bibliques sont petites et insérées dans des médaillons ; des végétaux colorent les bordures et les fonds. Les morceaux de verre d’une seule teinte, rouge, verte ou bleue sont sertis de plomb. Un bel arbre de Jessé, encore stylisé illustre cette période. La technique évoluant, les personnages ou les saints des Ecritures sont montrés debout dans des lancettes. On utilise la grisaille (peinture sur verre) pour dessiner les visages, les plis des manteaux et les drapés. A partir du 14e siècle, le jaune d’argent (1) apporte une coloration allant du jaune clair au brun foncé. On s’en sert pour colorer les chevelures, les bijoux, les couronnes.


Notre guide attire notre attention sur les vitraux de « L’enfant prodigue » ; on le voit gardant les porcs ou festoyant avec son père.

Au 15e et au 16e siècles, la luxuriance gagne le vitrail. « L’arbre de Jesse » devient un arbre magnifique qui étend de nombreuses branches jusqu’à son sommet où se tient le Christ. Après le Concile de Trente, le style des vitraux change, les fonds sont transparents car les peintures sont entrées dans les églises et il faut les voir. Le vitrail du « Pressoir mystique » de l’église Saint Pantaléon et d’autres laissent passer la lumière et l’église est beaucoup plus claire.

En plus de ses vitraux, Saint Pantaléon nous offre quelques œuvres emblématiques de la sculpture champenoise du 16e siècle. Une grande partie des œuvres présentes n’a jamais été créée pour l’édifice, mais a été rassemblée là après la révolution. Les sculptures de Dominique Florentin (16e siècle) dot nous voyons les statues de la Foi et de la Charité, un Saint Jacques et un Saint Nicolas du 16e siècle retiennent aussi notre attention. Enfin, le groupe polychrome en pierre de l’Arrestation de saint Crépin et de saint Crépinien (1540–1560) est une réalité saisissante.


Après avoir parcouru au début de l’après-midi les ruelles médiévales et admiré les maisons à pans de bois, nous terminons notre journée au musée de l’outil. Cette collection de 10 000 outils présentés dans un superbe hôtel Renaissance, l’Hôtel de Mauroy, fut rassemblée par un jésuite, Paul Feller.

Trois étages illustrent le travail des métaux, du bois, du cuir, et des étoffes. Ces outils si variés montrent l’ingéniosité sans limite des artisans qui ont su créer et adapter au mieux leurs instruments de travail à l’objet qu’ils devaient exécuter. plus beaux textes issus de l’esprit et les plus beaux objets fabriqués de main d’homme sont d’égales merveilles.


Il faut revenir à Troyes …


Françoise Auriau

  

  1. Jaune d’argent : peinture qui fait partie de la famille des couleurs de cémentation. La cémentation est une coloration obtenue par des sels métalliques qui pénètrent dans la masse du verre pendant la cuisson.